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Que sont les pesticides ?

Le terme "pesticides" est une appellation générique couvrant toutes les substances (molécules) ou produits (formulations) qui éliminent les organismes considérés comme nuisibles, qu'ils soient utilisés dans le secteur agricole ou dans d'autres applications.

D'un point de vue réglementaire, sont distingués :
- Les produits phyto-pharmaceutiques (PPP) (au sens de la Directive 91/414/CE), plus communément désignés en France par le terme "produits phytosanitaires" : ils sont utilisés principalement pour la protection des végétaux en agriculture ou dans d'autres secteurs (sylviculture, aménagement des paysages et entretien des abords d'axes de transport, jardinage amateur).
- Les biocides (définis dans la directive dite "biocides" 98/8/CE) : ce sont des substances actives et des préparations contenant une ou plusieurs substances actives utilisées, par exemple dans des applications comme la conservation du bois, la désinfection ou la lutte antiparasitaire, pour détruire, repousser ou rendre inoffensifs les organismes nuisibles, en prévenir l'action ou les combattre de toute autre manière par une action chimique ou biologique.

Il reste courant que le terme de "pesticides" soit néanmoins utilisé comme synonyme de "produits phytosanitaires".

Consommation en région Centre et en France ?

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La France est le 3ème consommateur mondial de pesticides et le 1er utilisateur en Europe avec une masse totale de 63 700 tonnes de substances actives vendues en 2009 (Source : UIPP). Les fongicides représentent 49% du volume, les herbicides 34%, les insecticides 3% et les produits divers 14%.
Après une augmentation lente et régulière dans la seconde moitié des années 1990, les quantités totales de substances actives vendues amorcent une diminution à partir de 2001 : elles passent de 99600 tonnes en 2001 à 76100 tonnes en 2004, soit une baisse globale de 24 % sur le total des produits phytosanitaires.

Cette tendance reste cependant à nuancer par :

  • L’apparition de molécules s’utilisant à faibles doses par hectare,
  • Le retrait ou la limitation d’usage d’anciennes substances actives (les doses d’emploi homologuées étant parfois très élevées, leur retrait a pesé sur l’évolution globale des tonnages consommés),
  • La forte diminution d’emploi des produits soufrés et cuivrés (de l’ordre de 40 %) qui, du fait de leur poids dans la consommation totale (près de 30 %), explique une grande partie de la baisse observée.

Par ailleurs, les tonnages vendus en 2002 sont, par exemple, comparables à ceux des années 1990, malgré la mise sur le marché des substances actives applicables à plus faibles doses.

En région Centre, ce sont près de 3500 tonnes de pesticides qui sont épandus chaque année ceci sur près de 72% du territoire régional.

Pollution de notre environnement (eau, air, sol, alimentation)

robinetCompte tenu de cet usage massif et diffus, la pollution par les pesticides est généralisée dans tous les compartiments de notre environnement :

  • les ¾ des masses d’eau souterraines de la région Centre sont classées en état médiocre (Source : Comité Technique Territorial Loire-Moyenne, données 2009),
  • en 2010, en région Centre, 173 557 habitants, soit 6,9 % de la population, ont été fournis par une eau dont la teneur a dépassé au moins une fois l’exigence de qualité de 0,1 µg/l (Source : ARS Centre, données 2010).
  • Interdit depuis 1998, le Lindane reste chaque année détecté dans plus de 30 % des échantillons d’air ambiant analysés (Source : Lig’Air, rapport final 2010)

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Bien que la réglementation vise à supprimer les substances actives les plus préoccupantes, la disparition plus ou moins progressive de ces composés fait face à l’émergence de nouvelles molécules qui présentent des concentrations croissantes au fil du temps dans les différents compartiments de notre environnement comme le Chlorothalonil dans l’air ou encore le glyphosate et l’AMPA, son métabolite, dans les eaux souterraines et superficielles.

Les actions et plans de gestion pour lutter contre la pollution par les pesticides

  • Paquet Européen « pesticides »
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Depuis plus de 20 ans, la communauté européenne se dote progressivement de législations visant la protection de la santé des consommateurs et la préservation de l'environnement, en édictant des normes de contamination (potabilité de l'eau, résidus dans les produits alimentaires), des procédures d'autorisation d'utilisation des produits potentiellement dangereux et, plus récemment, des obligations concernant l'état écologique des milieux (Directive Cadre sur l’Eau de 2000 par exemple).

En 2011 est entré en vigueur le paquet Européen « pesticides » composé d’un règlement relatif à la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques et d’une Directive Cadre Européenne relative à l’instauration d’un cadre communautaire pour parvenir à une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable.

  • Le règlement pour la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques modernise les conditions d’autorisation des pesticides. Il établit de nouvelles procédures pour l’évaluation scientifique des substances actives et l’autorisation des préparations commerciales.
  • La directive pour une utilisation durable des pesticides fixe pour la première fois au niveau communautaire des règles pour rendre l’utilisation des pesticides plus sure et encourager le recours à la lutte intégrée et aux alternatives non chimiques.

De nouvelles exigences seront instaurées concernant la vente des pesticides et leur utilisation par les professionnels. Des mesures spécifiques sont prévues pour protéger le milieu aquatique et les eaux potables, et limiter ou interdire l’utilisation des pesticides dans des zones spécifiques telles que les lieux publics. 
Les Etats Membres devront également adopter des plans d’action nationaux établissant des objectifs de réduction des risques liés aux pesticides et des objectifs de réduction de l’utilisation des substances particulièrement préoccupantes. (Source : MAAP ; 2009).

  • Le plan Ecophyto 2018

ecophytoSuite au Grenelle de l’environnement, le Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche a présenté, en septembre 2008, le Plan Ecophyto 2018. Ce plan vise à réduire de 50 %, si possible, l’usage des produits phytosanitaires, sur la période allant de 2008 à 2018. Un deuxième volet prévoit le retrait du marché de 53 substances actives (dont 30 l’ont été en 2008). L’une des autres mesures phares du Plan Ecophyto 2018 est le certificat « Certiphyto ».

En région Centre ce plan est décliné à la fois pour les zones agricoles mais aussi pour les zones non agricoles où Nature Centre a été mandatée par les services de l’Etat afin d’animer le groupe de travail « zones non agricoles ».
Un plan d’action régional, actualisé chaque année par le Comité Régional d’Orientation et de Suivi, planifie la mise en place d’actions visant à sécuriser et réduire l’usage de produits phytosanitaires.

  • L'opération Objectif Zéro Pesticide dans nos villes et villages
Logo zeropesticide

A l’échelle locale, de nombreuses actions, souvent initiées par les associations de

A cette fin, l’opération Objectif Zéro Pesticide dans nos villes et villages, est un programme d'accompagnement des communes qui ne veulent plus utiliser à terme de pesticides pour l'entretien de la voirie et des espaces verts. protection de la Nature, ont pour but de réduire l’usage de pesticides. 

Nature Centre coordonne le déploiement régional de l’opération, 8 associationsde protection de la Nature sont engagées dans la démarche et 59 communessont signataires de la Charte Objectif Zéro Pesticide.

  • Développement de l’agriculture biologique

syrpheLa région Centre est une grande région agricole accordant encore aujourd’hui une place confidentielle à l’agriculture biologique qui ne représente que 1.4 % des surfaces agricoles en 2010 (2 % à l’échelle nationale (Données MAAP)).

Néanmoins, depuis plusieurs années, on constate une forte progression des surfaces cultivées en bio. De 2009 à 2010, les surfaces en bio ou en conversion ont progressé de 26 %. Malgré cette progression tout à fait exceptionnelle du nombre de conversions en agriculture biologique, il reste encore du chemin à parcourir ; la région Centre, avec ses 31 958 hectarescultivés en bio ou en conversion se situe seulement au 11ème rang des régions françaises en termes de surfaces cultivées en agriculture biologique (la région Midi-Pyrénées comptant par exemple 105 499 ha de cultures biologiques ou en conversion).
Il reste à rappeler que la loi « Grenelle I » a fixé un objectif de 6% de la Surface Agricole Utile (SAU) en agriculture biologique en 2012 et 20% en2020.

Au travers de ses actions et de celles de son réseau, Nature Centre revendique qu’il est possible de réduire globalement au moins de 50 % l’usage de pesticides de façon durable. Il s’agit alors de s’intégrer dans une démarche progressive visant la non dépendance aux pesticides en privilégiant les méthodes alternatives et agronomiques de substitution.

Pour terminer un peu d'Histoire

Des produits qui rendent service...

...mais qui présentent des risques.

Reprenons un constat classiquement évoqué :

« Au cours des siècles, les récoltes ont été compromises par des ravageurs, notamment des insectes, tel le phylloxera qui a anéantit le vignoble français. L’usage de produits phytosanitaires a permis ainsi d’assurer la protection des cultures. »

Parce que ces produits agissent sur les organismes vivants, ils peuvent aussi avoir des impacts négatifs et quels impacts...!

Un peu d'Histoire :

L’histoire des pesticides et des nitrates trouve son origine dans le conflit 1914-1918, première guerre “industrielle” avec mobilisation par chaque pays de leurs meilleurs scientifiques pour élaborer la première arme de destruction massive, l’arme chimique.

En 1905, Fritz Haber, un brillant chimiste allemand, découvrit un procédé industrialisable permettant de convertir l’azote atmosphérique en ammoniac liquide.

Pendant la Première Guerre mondiale, il travaille pour l’Etat-major allemand et explore l'emploi du chlore comme gaz de combat, il met alors au point lefameux gaz moutarde.

homme_combinaisonEn 1918, il reçoit le prix Nobel de chimie pour ses différents travaux sur la synthèse de l’Ammoniac (importante pour la production d’engrais et d’explosifs).
C’est encore lui qui, en 1920, inventa le zyklon B, utilisé comme insecticide, à base d’acide cyanhydrique, pour lutter contre les ravageurs de cultures et de semences.
L’usage du Zyclon B fût cependant détourné lors de la seconde guerre mondiale car il fut utilisé par les nazis dans les chambres à gaz des camps d'extermination.
L’ironie de l’Histoire veut que Fritz HABER était juif et condamné à l’exil avec la montée du régime Nazi. Décédé en 1934, il n’aura pas connu l’ampleur de ses inventions. 

Ce n’est malheureusement pas le seul lien entre pesticides et armes de guerre puisque qu’on retrouvera par exemple Monsanto et l’agent orange au Vietnam (herbicide défoliant).