| Politique alimentaire commune |
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Intervention de Nature Centre lors du débat sur la politique agricole de la Région, notamment dans le cadre de la future révision de la PAC.
Nature Centre soutient que c'est sur une agriculture de proximité que devraient se fonder les réformes indispensables de la PAC et de l'OMC, recentrée sur sa fonction alimentaire, et prioritairement tournée vers un marché local puis sur le territoire européen.
Une réflexion sur le devenir de l'agriculture doit aussi intégrer une dimension planétaire au regard des évolutions démographiques mondiales. Il devient en effet très urgent de définir une stratégie visant à répondre aux besoins alimentaires des régions du monde cumulant accroissement de population, contextes politique et économique sous tension et forte exposition aux effets du changement climatique. Sous couvert de « nourrir la planète », il ne s'agit pas d'aggraver les difficultés de ces pays en exportant des produits alimentaires dont la nature comme leurs conditions économiques de production achèvent de déstabiliser leur agriculture, mais de les aider à atteindre l'autonomie alimentaire, non seulement du point de vue technique, mais également organisationnel, dans l'environnement physique, socio-économique et culturel qui leur est propre, sans chercher à imposer des modèles inadaptés et dont nous-mêmes nous mesurons aujourd'hui les limites. Dans nos pays développés, l'agriculture de demain - et ce demain doit commencer aujourd'hui - devra faire face au défi alimentaire, mais également aux défis énergétique, climatique et écologique. 4 défis qui impliquent une correction des politiques d'aides qui ont laissé le champ libre à une concurrence impossible entre quantité et qualité. La co-existence d'une production alimentaire à bas prix et faible qualité et d'une production haut de gamme réservée aux plus fortunés est une menace réelle. La stratégie de filières courtes, rapprochant autant que possible producteurs et consommateurs est-elle susceptible de concilier les exigences économiques, sociales et environnementales ? Certains exemples actuels -dans notre région même - incitent à le penser, puisque sur certains marchés locaux, on relève depuis quelque temps des prix de produits issus notamment de l'agriculture biologiques sensiblement inférieurs à ceux affichés par les grandes surfaces pour des produits issus de l'agriculture conventionnelle. Au reste, si les ménages ont jusqu'ici diminué la part consentie pour leurs dépenses alimentaires au profit d'autres produits moins vitaux, la tendance peut connaître des inflexions dans l'avenir. La demande sociale évolue, de même que les conditions économiques d'exploitation : ce sont des opportunités qui peuvent aider à négocier le virage nécessaire. Il y aurait nécessité de repenser le deuxième pilier de la PAC mais faut-il d'ailleurs conserver deux piliers ? N'est-ce pas au fond l'agriculture européenne dans sa globalité qui devrait se refonder à partir des principes évoqués en tout début ? L'autonomie alimentaire reste la priorité essentielle sur tout autre objectif de production agricole. Il n'est pas si banal aujourd'hui de le réaffirmer, de même que d'insister sur les conditions de production qui ont un rapport direct avec une autre préoccupation tout aussi vitale, notre santé. Préoccupation qu'il n'est plus possible aujourd'hui d'ignorer, étroitement liée à l'état de l'eau, de l'air, des sols. Et au devenir de la biodiversité, qui n'est rien de moins que le moteur de la vie. Rappelons que l'agriculture, comme d'autres domaines d'activité, aura dans un proche avenir à prendre en compte la constitution de la trame verte et bleue, indispensable non seulement pour pallier les effets-barrières de l'urbanisation et des transports, mais aussi ceux des grandes zones de plaines vouées à l'agriculture intensive. |





