Thématique Santé Environnement

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Nombreux sont ceux qui croient encore que le développement ne se traduit qu'en terme de croissance et qu'ainsi celle-ci, dans son seul sens économique, c'est à dire l'accumulation de biens très souvent non durables, est l'alpha et l'oméga, l'aboutissement, la condition sine qua non de notre futur. Une fuite en avant désespérante. Or, pour nous rappeler une fois de plus cette antinomie, le prix Nobel de la paix attribué à Al GORE et au GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat), décerné à ceux qui alertent sur nos modes de consommation et de production, démontre sans ambiguïté cette nouvelle reconnaissance, nécessaire, et qui dénonce finalement un mode de mutation économique dépassé, voire auto-destructeur.


L'idée que le meilleur des mondes économiques puisse tourner en boucle fermée est encore particulièrement répandue. C'est bien entendu une vue de l'esprit simpliste car ce serait oublier que qualité de la vie et prédation sur les ressources en matières premières sont intimement impliquées dans cette fameuse course à la productivité. Comment produire 140 quintaux de blé à l'hectare sans intrants, pesticides, machinisme, irrigation, diminution des emplois ? Comment construire nos voitures sans plastiques, aluminium, aciers, délocalisations, flexibilité ?


La nouveauté, c'est que la planète s'est invitée dans nos débats ; et si l'heure de la mondialisation a sonné depuis longtemps, le temps de rendre des comptes est désormais venu. Le dérèglement climatique, la pollution de l'air, la perte de la biodiversité globale, qui commence à notre porte, le manque d'eau, impactent dorénavant des milliards de personnes et la plupart des milieux encore naturels.
L'ère des mutations économiques n'existe donc plus au sens strict et réducteur de l'adjectif ; il s'agit bien dorénavant de celui de notre adaptation au monde réel, celui de la planète, et de la vie des 6 à 7 milliards d'habitants.

Dès lors, si nous voulons aller de l'avant, en internalisant une bonne fois pour toutes l'ensemble des données, nous pouvons affirmer que nous avons besoin dès maintenant d'une agriculture, d'une industrie, de services durables ; Pas pour leur propre compte et leur propre durabilité, mais bien dans une approche globale et constructive des enjeux communs et d'intérêt général.

 


Progresser vers une société économe axée sur les énergies éco-renouvelables


La préservation des ressources énergétiques de toutes natures s'impose comme une responsabilité capitale vis-à-vis des générations futures.

Relever les défis du dérèglement climatique suppose d'instaurer une politique radicale d'efficacité (réduction des pertes) et de sobriété énergétiques (réduction des gaspillages et rationalisation des usages) et une action énergique en faveur des économies d'énergie et du développement des énergies éco-renouvelables (et pas seulement une décarbonation de l'économie).

 


La pollution atmosphérique

La pollution atmosphérique, liée aux activités humaines, est essentiellement due à la combustion des énergies fossiles ou à leurs dérivés. L'impact de cette pollution touche tout le monde vivant (animal et végétal) ; les conséquences sanitaires sont parfois irrémédiables. Elle influence grandement des mécanismes physiques, comme le climat, au point de le perturber de façon irréversible.
Ce caractère irréversible doit nous interpeller car cela nous impose des stratégies d'adaptation à envisager dès maintenant. Dans les autres cas, des stratégies de restauration sont nécessaires.
Cette pollution atmosphérique participe à deux crises environnementales majeures : les dérèglements climatiques et la perte de la biodiversité. Par ailleurs, les impacts sanitaires liés aux pollutions spécifiques (particules, ozone, etc.,...)  sont avérés et imposent d'agir sur la pollution de fond.

Cette analyse succincte conduit à définir les objectifs prioritaires suivants :
Mieux connaître la pollution de fond et la tendance,
Améliorer les connaissances de l'ensemble des impacts,
Identifier les polluants conduisant à des actions prioritaires (CO2, particule, NOx, ozone, ...) afin de diminuer les risques,
Déterminer les indicateurs spécifiques au regard des enjeux sanitaires, climatologiques, écologiques,
Mettre en place des outils dévaluation des politiques publiques orientés vers la réduction des aléas et de la vulnérabilité des risques,


Les axes d'intervention prioritaires

Les énergies fossiles et radioactives étant principalement concernées :

  • Mettre en place des plans climats territoriaux issus des lois Grenelle.
  • Programme prioritaire d'amélioration énergétique de l'habitat ancien et social.
  • Favoriser le transfert modal vers des circulations collectives et/ou douces.
  • Favoriser un aménagement du territoire vers de l'essentiellement urbain, plus dense avec de meilleurs outils de planification.
  • Créer des schémas de transports de marchandises et des schémas de transports collectifs de personnes départementaux.
  • Réorienter les aides économiques (industrie et agriculture) dans le but de décarboner la production, directement ou indirectement.
  • Développer l'efficacité et la maîtrise énergétiques dans les secteurs les plus consommateurs d'énergies fossiles.
  • Réduire les émissions (particules, COV, HAP, NOx) ayant un fort impact sur la santé.
  • Ne pas favoriser l'usage de matériaux recyclés  (notamment le plastique) comme combustible.
  • Etablir un scénario de réduction du nucléaire.